Votre société d’exploitation dégage des bénéfices réguliers, mais vous n’avez pas besoin de tout percevoir personnellement. Vous souhaitez réinvestir, financer une acquisition ou préparer une transmission. Faire remonter cette trésorerie dans une holding peut alors coûter beaucoup moins cher qu’une distribution directe, à condition de respecter des règles précises.
Dividendes sous le régime mère-fille, convention de trésorerie, intégration fiscale : chaque outil répond à un besoin différent et comporte ses propres conditions. AURUS accompagne les dirigeants pour organiser ces flux au sein de leur groupe, en conciliant efficacité fiscale et sécurité juridique.
Cinq repères pour remonter la trésorerie vers votre holding
- Sous le régime mère-fille, les dividendes reçus par la holding sont exonérés d’IS, sauf une quote-part de frais et charges de 5 %.
- Ce régime suppose notamment une participation d’au moins 5 % du capital, conservée pendant deux ans.
- Une convention de trésorerie permet de prêter ou d’emprunter entre sociétés liées, sans passer par une banque, si le groupe est réellement contrôlé.
- Les flux intragroupe doivent servir l’intérêt de chaque société : un transfert injustifié expose à des risques fiscaux et pénaux.
- Depuis la loi de finances pour 2026, certaines holdings patrimoniales sont soumises à une taxe de 20 % sur leurs actifs non professionnels.
Pourquoi faire remonter la trésorerie dans une holding ?
La holding permet de conserver les bénéfices dans une structure soumise à l’IS, sans supporter immédiatement l’imposition personnelle des dividendes. Les sommes restent disponibles pour réinvestir, rembourser un emprunt d’acquisition ou diversifier le patrimoine professionnel.
Distribuer directement au dirigeant entraîne, en 2026, un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les dividendes. Faire remonter la même somme dans une holding éligible au régime mère-fille ne coûte qu’une fraction de ce montant, tant que les fonds ne sont pas redistribués à la personne physique.
| Objectif | Outil adapté | Point d’attention |
|---|---|---|
| Réinvestir les bénéfices d’une filiale | Dividendes sous régime mère-fille | Conditions de détention et de conservation |
| Financer une filiale en développement | Convention de trésorerie | Taux d’intérêt et intérêt social |
| Compenser bénéfices et déficits du groupe | Intégration fiscale | Détention d’au moins 95 % |
| Rémunérer des services réels de la holding | Convention de prestations | Réalité et prix des prestations |
Le régime mère-fille : comment fonctionne-t-il ?
Le régime mère-fille exonère d’IS les dividendes perçus par une société mère, à l’exception d’une quote-part de frais et charges. Selon l’article 216 du CGI, cette quote-part est fixée à 5 % du produit des participations.
Le régime est optionnel et s’applique aux titres remplissant les conditions de l’article 145 du CGI, détaillées par la doctrine au BOI-IS-BASE-10-10-10-20 : détention d’au moins 5 % du capital, titres nominatifs ou déposés, et engagement de conservation de deux ans.
Un coût fiscal limité, mais pas nul
Pour 100 000 € de dividendes reçus par la holding, la quote-part de 5 % représente 5 000 €. Au taux normal d’IS de 25 %, le coût fiscal s’élève à 1 250 €, soit 1,25 % du dividende. Si cette quote-part relève du taux réduit de 15 %, le coût descend à 750 €.
La même somme versée directement au dirigeant supporterait 31 400 € de PFU. L’écart est important, mais il ne s’agit que d’un différé : si la holding redistribue ensuite à son associé personne physique, l’imposition personnelle s’applique à ce moment-là.
Le taux de 1 % en intégration fiscale
Lorsque la holding et sa filiale forment un groupe intégré, la quote-part est réduite à 1 % pour les dividendes reçus d’une société membre du groupe depuis plus d’un exercice. L’intégration fiscale suppose une détention d’au moins 95 % du capital.
Elle permet aussi de compenser les bénéfices et les déficits des sociétés du groupe. En contrepartie, elle impose une gestion déclarative plus lourde et des retraitements spécifiques.
La convention de trésorerie : prêter au sein du groupe
La convention de trésorerie organise les avances de fonds entre sociétés d’un même groupe. Elle permet par exemple à la holding de centraliser les excédents de trésorerie et de financer une filiale qui en a besoin.
Le monopole bancaire interdit en principe les opérations de crédit habituelles. L’article L. 511-7 du code monétaire et financier autorise toutefois les opérations de trésorerie entre sociétés ayant des liens de capital conférant à l’une d’elles un pouvoir de contrôle effectif sur les autres.
Fixer un taux d’intérêt défendable
Les avances doivent en principe être rémunérées. Un prêt gratuit ou à taux anormalement bas peut être regardé comme une aide non justifiée par l’intérêt de la société prêteuse.
Côté emprunteur, la déduction des intérêts versés aux associés est plafonnée. Selon le BOI-BIC-CHG-50-50-30, le taux maximal s’élève à 4,33 % pour les exercices de douze mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026. Ce taux évolue chaque trimestre ; un taux supérieur reste possible s’il est justifié par les conditions de marché.
Formaliser et approuver la convention
Une convention entre une société et son dirigeant ou un associé significatif relève souvent des conventions réglementées. Selon la forme de chaque société, elle doit être mentionnée dans un rapport et approuvée par les associés.
Rédigez une convention écrite : sociétés parties, plafond des avances, taux, modalités de remboursement et de résiliation. Le suivi comptable des comptes courants doit permettre de justifier à tout moment les soldes et les intérêts.
Intérêt social : la limite à ne pas franchir
Chaque société du groupe conserve son propre intérêt social. Une filiale ne peut pas être vidée de sa trésorerie au point de compromettre son activité ou ses engagements envers ses créanciers.
Un transfert sans contrepartie, ou destiné à financer des dépenses personnelles du dirigeant, expose à des redressements fiscaux et à un risque d’abus de biens sociaux. La holding n’est pas un compte personnel ; ses dépenses doivent répondre à son propre objet.
Les prestations facturées par la holding
Une holding animatrice peut facturer des services à ses filiales : direction, gestion administrative, conseil. Ces prestations doivent être réelles, documentées et facturées à un prix cohérent avec le service rendu.
Des honoraires sans substance seraient réintégrés au résultat de la filiale. Ils ne peuvent donc pas servir de simple tuyau pour déplacer la trésorerie.
Nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales : êtes-vous concerné ?
La loi de finances pour 2026 a créé une taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels détenus par des holdings, prévue à l’article 235 ter C du CGI. Elle est due au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
| Condition cumulative | Seuil |
|---|---|
| Valeur vénale de l’ensemble des actifs | Égale ou supérieure à 5 millions d’euros |
| Détention par une personne physique (et son cercle familial) | 50 % au moins des droits de vote ou financiers, ou contrôle de fait |
| Revenus passifs (dividendes, intérêts, loyers…) | Plus de 50 % des produits d’exploitation et financiers |
La taxe ne porte pas sur les titres de filiales ni sur la trésorerie. Son assiette vise des actifs limitativement énumérés : véhicules de tourisme non affectés à une activité, bateaux, bijoux, vins, chevaux, logements dont l’associé se réserve la jouissance, notamment.
Les revenus tirés d’une convention de trésorerie centralisée ne sont pas pris en compte pour apprécier la condition de revenus passifs. Si votre holding détient un logement occupé par la famille ou un véhicule non professionnel, faites vérifier votre situation avant la clôture de l’exercice.
Un exemple : 150 000 € à réinvestir
Une société d’exploitation dégage un bénéfice après IS de 150 000 €. Le dirigeant n’a besoin que de 40 000 € de revenus personnels et souhaite financer le rachat d’un concurrent.
Sans holding, distribuer les 150 000 € directement au dirigeant entraînerait 47 100 € de PFU, en laissant 102 900 € disponibles. Si une holding détient la société, celle-ci peut lui faire remonter 110 000 € sous le régime mère-fille : la quote-part imposable de 5 500 € coûte 1 375 € d’IS au taux de 25 %. La holding dispose alors de 108 625 € pour financer l’acquisition.
Les 40 000 € nécessaires au dirigeant peuvent lui être versés sous forme de rémunération ou de dividendes de la holding, selon son arbitrage rémunération ou dividendes. Ce calcul illustratif ne tient pas compte des frais de fonctionnement de la holding ni de la situation personnelle du dirigeant.
Trois conditions pour une organisation de groupe solide
Les économies attendues ne tiennent que si l’organisation est cohérente, documentée et suivie dans le temps. Un montage mal entretenu peut perdre ses avantages lors d’un contrôle.
- Une raison économique claire : réinvestir, acquérir, structurer une transmission. La holding doit avoir une utilité réelle.
- Des actes juridiques à jour : approbation des comptes, décisions de distribution, conventions de trésorerie et de prestations.
- Une comptabilité coordonnée : comptes courants rapprochés, intérêts calculés, conventions suivies dans chaque société.
Lorsque la holding détient aussi de l’immobilier, la question du régime fiscal se pose également. Notre article SCI à l’IS ou à l’IR détaille ces arbitrages.
Structurer votre groupe avec AURUS
AURUS accompagne les dirigeants dans la création et la gestion de leur holding : analyse de l’intérêt du montage, choix du régime fiscal, rédaction des conventions intragroupe et tenue coordonnée des comptabilités.
Nous simulons chaque année les flux entre sociétés : dividendes à faire remonter, avances à consentir, intérêts à facturer et impact sur votre rémunération. Pour un projet de transmission, nous intégrons aussi l’accompagnement à la transmission.
Questions fréquentes sur la trésorerie de holding
Peut-on créer une holding uniquement pour faire remonter des dividendes ?
La holding doit avoir une utilité économique : réinvestissement, acquisition, organisation patrimoniale. Un montage sans autre but que fiscal peut être remis en cause. L’analyse doit donc partir de votre projet.
La holding peut-elle prêter de l’argent au dirigeant ?
Le prêt d’une société à son dirigeant est très encadré, et interdit dans de nombreux cas selon la forme de la société. Des sommes prélevées sans base juridique peuvent être requalifiées en revenus distribués. Faites valider toute opération de ce type au préalable.
Faut-il détenir 100 % de la filiale ?
Non. Le régime mère-fille s’applique dès 5 % du capital, sous conditions. L’intégration fiscale exige en revanche au moins 95 %, et la convention de trésorerie suppose un pouvoir de contrôle effectif.
Faites travailler votre trésorerie au service de vos projets
Une holding bien organisée permet de conserver et de réinvestir vos bénéfices à moindre coût fiscal. Encore faut-il que chaque flux soit justifié, formalisé et suivi dans la durée.
Préparez vos derniers comptes, la répartition de votre capital et vos projets d’investissement. AURUS analyse votre organisation et vous propose les flux adaptés à votre groupe.
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Textes consultés sur Légifrance et le BOFiP le 22 octobre 2026. Cet article présente des règles générales et ne remplace pas une analyse de votre situation.




